Synopsis

La décennie 1840 touche à sa fin. Mais la Kabylie reste largement insoumise.
Elle est un creuset d’agitation contre l’occupant et le refuge de rebelles au nouvel ordre colonial.

La France s’active à préparer la conquête de cette région stratégique. La résistance s’organise…
C’est dans ce contexte que grandit Fadhma, au sein d’une famille de notables lettrés liée à une puissante confrérie religieuse.



Elle révèle très vite une personnalité exceptionnelle qui ne peut se satisfaire du statut réservé à la femme dans la société rurale du 19ème siècle.

Rejetant le mariage traditionnel, elle préfère la retraite solitaire.

Jusqu’au jour, où l’Histoire en marche, lui fait rencontrer un destin à sa mesure…

Repères historiques…



Fadhma N’soumer nait vers 1830 en haute-Kabylie dans une famille de notables lettrés, liée à la confrérie des Rahmania. C’est l’année où l’armée coloniale débarque près d’Alger, écrasant l’armée du dey ottoman et les tribus kabyles venues en renfort.

Suivant la coutume, elle est mariée à un cousin mais se refuse à lui. C’est une grave transgression qui lui vaut la réprobation familiale et l’isolement. Mais cette vie de recluse semble convenir à sa personnalité en proie à une quête spirituelle qui semble la dévorer de l’intérieur sans qu’elle puisse l’exprimer, vus les carcans sociaux de l’époque. Elle s’adapte à la vie d’ermite, prie et médite, mettant à profit la culture religieuse acquise par osmose de sa famille, qui jouit d’une haute autorité spirituelle et morale dans la région.



Peu à peu, Fadhma acquiert une aura auprès des femmes qui viennent la consulter pour sa sagesse et ses connaissances religieuses. Cette aura va rejoindre peu à peu l’ébullition politique qui s’empare de la Kabylie. En effet, depuis la fin de l’épopée de l’Emir Abdelkader en 1847, l’armée coloniale a les coudées franches pour s’attaquer à cette région encore insoumise et elle s’y prépare. Mais la résistance s’organise, avec l’apport de combattants venus d’autres régions, notamment le Chérif Boubeghla.

La Kabylie bruisse des rumeurs de guerre imminente contre l’envahisseur impie. On invoque la baraka des saints et on glorifie les chefs prêts au sacrifice. Dans cette atmosphère quasi mystique, le charisme de Fadhma grandit. Il va rencontrer l’histoire… En effet, de par son milieu familial, Fadhma est au contact direct des préparatifs de la résistance, car la confrérie est un creuset du combat anticolonial.

Fadhma joue un rôle grandissant dans l’insurrection menée par Boubeghla. A la mort de ce dernier, elle devient la figure tutélaire des tribus qui refusent de se soumettre. Elle est arrêtée en juillet 1857, à la bataille d’Ichiriden où l’armada coloniale triomphe au prix de lourdes pertes et en utilisant des moyens militaires inédits. Elle est placée en résidence surveillée dans une zaouia du Titteri (Béni Slimane) et y meurt en 1863, à l’âge de 33 ans.

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