Réalisateur / producteur

Le sens d’un challenge...

Lalla Fadhma N’soumer est une figure héroïque de la résistance du peuple algérien à l’invasion coloniale. Une icône de l’Histoire, une légende de la mémoire.

Juste reconnaissance pour une femme qui mérite toute sa place au panthéon de celles qui ont marqué l’histoire de leurs peuples, et donc, de l’humanité.





Et du mérite, il en fallait beaucoup à une jeune femme pour s’imposer en égérie des rudes paysans et combattants kabyles du 19ème siècle !

Et bien du courage aussi, pour prendre la tête du dernier carré de résistants au rouleau compresseur d’une armée coloniale moderne et suréquipée, dont les officiers se montrèrent intrigués voire admiratifs face à cette leader charismatique qui les fit songer à une “druidesse” doublée de l’envergure combattive d’une “Jeanne d’Arc du Djurdjura” !

Prodigieux destin que celui de Fadhma ! À peine sortie de l’adolescence, elle transgresse les règles établies de l’époque en se refusant au mari qui lui fut désigné, selon la coutume.

Mais l’isolement auquel elle est dès lors contrainte va révéler que l’incartade n’est pas anecdotique et superficielle : elle est révélatrice d’une personnalité exceptionnelle. Une personnalité qui finira par rencontrer un destin à sa mesure : elle s’impose peu à peu dans la résistance armée menée sous l’impulsion de Boubeghla, jusqu’à en devenir la figure de ralliement.

Ce n’est qu’à sa capture, en Juillet 1857 que l’armée française peut considérer comme achevée la conquête de Kabylie. Fadhma avait 33 ans à peine !

... Un destin fabuleux


Et pourtant, bien peu a été fait pour honorer cette madone et pérenniser sa mémoire, notamment chez les jeunes générations “médiavores”abreuvées des héros mythologiques “d’ailleurs”.

C’est tout le sens du défi que représentait la réalisation de ce film ! Faire un film de qualité était pour moi plus qu’une simple ambition artistique : c’était un impératif éthique, eu égard à la grandeur du personnage.

Son envergure exige un film, aux normes professionnelles universelles et au contenu bien ancré dans notre réalité historique.

Un grand film où spectacle et sens iraient de pair, se fécondant mutuellement, pour honorer la mémoire de Lalla Fadhma et fixer l’image de cette aïeule exemplaire dans les esprits de sa nombreuse descendance, par le biais de nos générations intermédiaires. C’est bien ce qui nous a motivé, en tant que producteur et réalisateur, pour réunir les moyens matériels et humains nécessaires à cette entreprise y compris la collaboration de professionnels étrangers à la compétence établie.

Le film existe. Que toutes les institutions et personnes qui y ont collaboré, notamment les Ministères de la Culture et des Moudjahidine, en soient ici remerciées. Et que le public ne voit pas dans l’ambition artistique du film une “ambition” de réalisateur mais au contraire l’humilité de l’artiste qui ne “voit grand” que parce qu’il est conscient et respectueux de la grandeur du personnage auquel il consacre son oeuvre.

Bande annonce